Budget 2025 : explication de vote sur les motions de censure

Budget 2025 : explication de vote sur les motions de censure

5 févr. 2025

Budget 2025 : explication de vote sur les motions de censure

 

Le budget proposé par le Gouvernement Bayrou est un mauvais budget. Si j’ai voté pour la motion de censure du Gouvernement Bayrou le 16 janvier dernier suite à la déclaration de politique générale, c’était un avertissement sans frais. Je ne le regrette pas. Toutefois, notre pays a impérativement besoin d’un budget, c’est pourquoi j’ai fait le choix de ne pas voter la censure ce jour. Je l’ai fait dans un esprit de responsabilité, tout en restant clairement dans l’opposition.

 

Ce budget reste nettement insatisfaisant pour répondre aux enjeux auxquels nous devons faire face : la préservation du pouvoir d’achat, le renforcement des services publics (éducation, santé, sécurité…), la mise en place d’une véritable justice fiscale et l’accélération de la bifurcation écologique. Ce n’est clairement pas le budget que la gauche aurait porté si elle était aux responsabilités.  

 

Mais la situation actuelle n’est pas tenable, car il faut donner de la visibilité aux citoyens, aux associations, aux entreprises, aux agriculteurs ou encore aux collectivités territoriales. J’entends aussi cette aspiration. La loi spéciale a pour seule vocation de permettre le fonctionnement minimal des services publics et la perception des impôts existants. Cela signifie l’impossibilité pour l’État de financer de nouveaux recrutements d’agents publics, l’absence de versement de subventions de fonctionnement ou d’investissements aux associations, d’aides à des entreprises ou à des particuliers (comme pour les travaux de rénovation énergétique).  

 

Si je suis opposée à ce budget, je reconnais que les négociations auxquelles le Parti Socialiste a participé ont permis des avancées, en améliorant la copie du précédent Gouvernement Barnier.    

 

Il y a d’une part des renoncements avec l’abandon du gel des pensions de retraite, du déremboursement des consultations chez le médecin et des médicaments, des jours de carence supplémentaires pour les agents publics.  

 

Il y a d’autre part plus de moyens pour nos services publics, bien qu’ils soient insuffisants : maintien de 4000 postes d’enseignants qui devaient être supprimés, augmentation du budget de l’hôpital public, augmentation du fonds vert pour investir dans la transition énergétique…

 

Enfin, l’ouverture d’une conférence sociale sur les retraites doit rouvrir le dossier de la réforme des retraites de 2023, la plus injuste et la plus contestée du quinquennat, en espérant que cette concertation ne soit pas biaisée.  

 

C’est donc une décision difficile que j’ai prise sans gaieté de cœur. Dans l’intérêt de la France et des Français, il faut un budget pour l’État et la Sécurité sociale. Mais après l’adoption de ces textes budgétaires, les députés socialistes déposeront une motion de censure du gouvernement Bayrou pour défendre les valeurs républicaines, suite à de nombreux désaccords.