Éducation prioritaire : question au Gouvernement
22 mai 2024
Ce jour, je suis intervenue lors de la séance de questions d'actualités au Gouvernement sur l'éducation prioritaire. Vous trouverez ci-dessous mon intervention :
"Madame La Ministre,
Afin de donner plus à ceux qui ont moins, le Président François Mitterrand a lancé en 1981 l’éducation prioritaire.
Elle poursuit l’objectif de corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire par un renforcement de l’action pédagogique dans les écoles des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés.
Aujourd’hui, plus de 1,1 million d’enfants sont scolarisés dans plus de 6 600 écoles relevant de l’éducation prioritaire.
Plus de 40 ans après sa création, cette politique publique a fait ses preuves. Mais la faiblesse des moyens alloués ne permet plus aujourd’hui d’atteindre l’ambition originelle.
La sortie du classement PISA 2023 le confirme, les résultats de la France sont « parmi les plus bas jamais mesurés ».
La sociologie des territoires évolue en permanence, certains d’entre eux sont marqués par une paupérisation croissante. Il existe aujourd’hui des écoles classées en REP dont l’indice de position sociale est bien inférieur à des écoles classées en REP+.
Par ailleurs, la mise en œuvre de l’école inclusive, vertueuse à bien des égards, comporte aussi des limites en raison du manque de places dans le secteur médico-social (plus de 1000 en Ille et Vilaine) de l’augmentation des troubles du comportement chez certains enfants et du manque criant d’AESH.
Je tiens d’ailleurs à rendre hommage au personnel de l’Éducation nationale qui travaille dans des conditions difficiles.
La dernière révision de la cartographie de l’éducation prioritaire date de 2015 : il est grand temps de s’y pencher de nouveau car les inégalités, elles, n’attendent pas et l’école doit rester une priorité nationale.
Madame La Ministre, quel calendrier proposez-vous pour réviser cette carte scolaire, étant entendu qu’elle doit répondre à des besoins réels qui ne peuvent se concevoir sans de nouveaux moyens.
Je vous remercie."