Pourquoi j'ai voté la motion de censure ?

Pourquoi j'ai voté la motion de censure ?

16 janv. 2025

Pourquoi j'ai voté la motion de censure ?

 

En toute transparence, je souhaite vous présenter ce qui a motivé mon choix de voter pour la motion de censure du Gouvernement de François Bayrou. 

 

Suite à la nomination de l’actuel Premier ministre, le Parti Socialiste, les Écologistes et le Parti Communiste ont participé à des négociations exigeantes avec le Gouvernement pour tenter de peser sur la politique qui sera menée afin de répondre aux urgences sociales, économiques et climatiques. Cette volonté de trouver un compromis, je la salue car elle nécessaire au regard du contexte inédit. Ceux qui me connaissent savent que j’ai déjà voté pour des propositions de loi transpartisanes.

 

Après la déclaration de politique générale de François Bayrou, force est de constater que le compte n'y est pas : 

 

-       La réforme des retraites fut la loi la plus injuste et la plus contestée, avec le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Il n’y a eu aucune annonce d’abrogation ou de suspension de cette réforme. La réouverture de ce dossier est renvoyée à une conférence sociale avec les organisations syndicales et le patronat. Si le débat est verrouillé ou que ces négociations se soldent par un échec, nous n’aurons obtenu aucune avancée. C’est pourquoi le Parlement doit pouvoir se prononcer démocratiquement. 

 

-       Le renforcement des services publics de proximité et de qualité n’est pas suffisamment soutenu, malgré l’annonce de la non-suppression de 4000 postes d’enseignants et le recrutement de 2000 AESH pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap. En effet, nous avons demandé une nette augmentation des moyens de l’hôpital public et des EHPAD. Sur ce point, le vieillissement de la population est un grand défi à relever qui nécessite une véritable loi sur le grand âge. 

 

-       La bifurcation écologique doit par ailleurs être une priorité. Le réchauffement climatique est à l’origine de catastrophes plus fréquentes et plus intenses, à l’image du cyclone Chido qui a profondément meurtri Mayotte, des incendies ou encore des inondations. Les socialistes ont proposé une augmentation du fonds vert pour financer les projets de transition écologique des collectivités. Mais le Gouvernement manque d’ambition dans ce domaine pourtant crucial. 

 

-       La justice fiscale est indispensable pour financer des politiques publiques et garantir la cohésion sociale dans notre pays. Certes, le Gouvernement a fait de petits gestes symboliques. La spéculation financière sera un peu mieux taxée, ce qui devrait rapporter 100 millions d’euros. Le crédit d’impôt recherche, qui constitue la niche fiscale la plus coûteuse, sera limitée à hauteur de 400 millions (sur un coût total de 7 milliards) et le patrimoine des plus fortunés sera un peu plus taxé. Cela reste très insuffisant, alors que les 500 familles les plus riches possèdent aujourd'hui l’équivalent de 44% du PIB ! 

 

Si les lignes ont un peu bougé, elles se font malheureusement au détriment d’autres politiques publiques. Pour preuve, le Gouvernement envisage de diminuer les crédits de la mission sport à hauteur de 400 millions d’euros, bien loin des promesses en matière d’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. 

 

Face à ce constat, j'ai donc voté pour la motion de censure, considérant que les concessions faites restent nettement insuffisantes. C'est un avertissement sans frais, puisque nous n'en sommes pas encore au vote du budget de l’État et de la Sécurité sociale. 

 

Alors que les Français ont largement rejeté la politique portée par le bloc central lors des dernières élections législatives, un nouveau cap est indispensable. J’ai pour ma part souhaité rester fidèle aux engagements pris devant les électeurs, avec l'espoir que nous puissions collectivement obtenir plus d'avancées pour améliorer le quotidien de nos concitoyens. 

 

Lors des débats budgétaires, je vais m'inscrire dans une opposition à la fois vigilante et exigeante, car j'ai bien conscience que la situation de blocage ne peut pas s’éterniser. Les citoyens, les entreprises, les associations ou encore les collectivités territoriales ont besoin de visibilité pour aller de l’avant et mener à bien leurs projets. 

 

Désormais, il revient au Gouvernement d’infléchir plus encore sa politique et au Parlement d’obtenir des avancées plus significatives pour obtenir une stabilité à laquelle nous sommes très nombreux à aspirer.