Réunion publique sur les violences dans le sport
16 mai 2024
À la Maison de quartier de Villejean à Rennes, avec Sabrina Sebaihi, députée des Hauts-de-Seine et rapporteure de la commission d’enquête relative à l’identification des défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises de sport, du mouvement sportif et des organismes de gouvernance du monde sportif en tant qu’elles ont délégation de service public ; nous sommes revenues sur les 6 mois de travaux de la commission d’enquête à laquelle nous avons pris part. Katia Palla, directrice de l’association « La Voix de Sarah » qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles, était également présente.
Après avoir expliqué la genèse de la création de cette commission d’enquête, qui fait notamment suite aux différents scandales ayant secoué les fédérations sportives françaises comme la fédération française de patinage, la fédération française de tennis ou encore la fédération française de rugby, nous sommes revenus sur les nombreuses auditions que nous avons menées. En effet, nous avons pu nous rendre compte de l’omerta qui règne dans les fédérations sportives françaises, dans lesquelles les affaires de violences sexuelles sont étouffées. Nous avons également fait état de la particulière vulnérabilité des mineurs, très souvent victimes de violences sexuelles dans le milieu du sport et ce dès le plus jeune âge. En outre, comme nous l’avons identifié durant nos travaux, nous avons souligné que l’actuelle gouvernance du sport en France est entachée d’un entre-soi qui permet à certains dirigeants et autres acteurs de ne pas être inquiétés alors même qu’ils ont commis des actes répréhensibles. Pour remédier à ces problèmes, nous avons présenté l’une des recommandations phares de la commission d’enquête, à savoir la création d’une autorité administrative indépendante chargée de la protection de l’éthique du sport.
Katia Palla, directrice de l’Association « La voix de Sarah », a ensuite apporté son témoignage. Madame Palla a présenté son parcours et témoigné des violences qu’elle a elle-même subie dans le milieu du patinage artistique lorsqu’elle était jeune. Elle est ensuite revenue sur la création de l’association en 2022 par la patineuse artistique Sarah Abitbol, violée à de multiples reprises par son entraîneur lorsqu’elle était adolescente, puis sur son combat dans la lutte contre les violences sexuelles dans le sport.
En tant que rapporteure à l’Assemblée Nationale de la proposition de loi visant à renforcer la protection des mineurs et l'honorabilité dans le sport, j’ai profité de cette occasion pour évoquer l’adoption récente de cette proposition de loi. Composée de deux articles, cette loi inscrit dans le Code du sport le principe d’annualité du contrôle de l’honorabilité des éducateurs des clubs sportifs par la consultation du bulletin numéro 2 du casier judiciaire et du Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais). En outre, elle permet aussi à l’autorité administrative compétente de prononcer une interdiction d’exercer temporaire ou définitive à l’encontre de toute personne dont le maintien en activité constitue un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants.
La réunion s’est terminée par un débat au cours duquel le public était invité à prendre la parole.
Si le milieu du sport a encore beaucoup de chemin à parcourir pour renforcer l’éthique et la sécurité des pratiquants, nous avons tenu à souligner que le sport reste vecteur de valeurs fondamentales et essentielles à la société comme le respect, la solidarité, le goût de l’effort et l’esprit d’équipe.